Près d’un mois après sa cotation, Cash Plus entre dans une phase où la dynamique boursière commence à se détacher de l’effet IPO pour se reconnecter aux fondamentaux. La question n’est plus tant celle de l’introduction elle-même, mais de la capacité du groupe à inscrire une trajectoire de croissance crédible et lisible dans la durée.
Quels sont les éléments concrets à suivre pour apprécier l’évolution du cours dans les prochains trimestres ?
1. La trajectoire de l’activité de transfert d’argent, socle du modèle
L’activité historique de transfert d’argent, national et international, demeure le pilier économique de Cash Plus. Elle concentre l’essentiel du chiffre d’affaires (près de 63 %) et reste fortement corrélée aux flux domestiques et à ceux de la diaspora marocaine.
Les données historiques montrent une croissance régulière des volumes traités, portée par l’élargissement du réseau, la profondeur territoriale et des partenariats internationaux structurants. Les flux de transferts ont évolué de près de 6% sur la période 2020-2024 . À court terme, cette activité reste génératrice de cash et assure une visibilité élevée sur les revenus. À moyen terme, la baisse de l’usage du cash constitue une tendance de long terme, mais son rythme reste lent. Au Maroc, la monnaie fiduciaire en circulation continue d’augmenter en valeur absolue et représente encore un niveau élevé rapporté au PIB, à l’image de plusieurs économies comparables comme la Tunisie, l’Égypte ou la Turquie, où la circulation fiduciaire a progressé sur la dernière décennie malgré la montée des paiements électroniques, illustrant ainsi une logique de coexistence plutôt que de substitution immédiate.
2. Les comptes de paiement : un relais de croissance encore jeune mais déjà significatif
Le véritable changement de dimension du modèle apparaît avec le développement des comptes de paiement. Ce segment, inexistant il y a encore quelques années, a connu une montée en puissance rapide.
Alors qu’il venait tout juste de démarrer en 2022, il représente déjà 16 % du chiffre d’affaires à fin 2024, ce qui traduit une croissance extrêmement rapide sur une période courte, soutenue par l’élargissement de la base clients, l’augmentation des usages et l’enrichissement progressif de l’offre (paiements digitaux, cartes, services en ligne, intégration PayPal). Cette dynamique illustre un double effet : un relais naturel à mesure que le cash recule structurellement, et un levier de digitalisation du cœur de métier du transfert.
Ce segment reste encore en phase d’investissement, mais son poids croissant dans le chiffre d’affaires modifie progressivement la lecture du modèle économique. Plus sa contribution augmentera, plus la valorisation du groupe intégrera une dimension “services financiers digitaux” au-delà du simple réseau physique.
3. Ressources financières et accélération stratégique : un potentiel encore à déployer
Le troisième déterminant clé réside dans la capacité du groupe à transformer ses moyens financiers en croissance durable. Cash Plus a renforcé significativement sa structure financière avec une levée de 200 MDH en 2024, complétée par environ 400 MDH supplémentaires lors de l’IPO. Ces ressources offrent une flexibilité stratégique importante. Elles permettent d’envisager une accélération du rythme d’ouverture d’agences, un renforcement des investissements IT et digitaux, mais aussi des opérations de croissance externe ciblées. Les dépenses technologiques, en particulier, apparaissent comme un levier essentiel pour soutenir la montée en charge des comptes de paiement et améliorer la productivité du réseau.
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