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Quels drivers pour le marché actions marocain en 2026 ?

Quels drivers pour le marché actions marocain en 2026 ?

idbourse
2025-12-30 15:02:24
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Un cycle haussier solidement installé depuis mi-2023

Le marché actions marocain a engagé un cycle haussier marqué à partir de la mi-2023, affichant une progression cumulée de +87,6% à fin 2025. Cette dynamique s’est matérialisée de manière relativement régulière en témoigne la performance de l’indice MASIR ( MASI avec le rendement du dividende inclut) avec une hausse de +16,4% en 2023, suivie de +26% en 2024, puis +28% en 2025.

Derrière cette performance se dessine un environnement macroéconomique nettement plus porteur que lors de la phase précédente. Après un pic inflationniste amorcé en 2021 et accentué en 2022, l’économie marocaine a bénéficié d’un net ralentissement de l’inflation, favorisant une détente progressive des coûts des intrants pour les entreprises et une amélioration de la visibilité bénéficiaire.

Cette normalisation macro s’est accompagnée d’une dynamique d’investissement soutenue, portée par plusieurs facteurs structurels : l’organisation de la CAN, les annonces successives liées aux grands projets d’infrastructures, ainsi que les initiatives publiques et parapubliques annoncées par les autorités. Parallèlement, plusieurs sociétés cotées ont accéléré leur internationalisation, renforçant leurs relais de croissance. AKDITAL a multiplié les projets de développement hors Maroc dans le secteur de la santé, Marsa Maroc a poursuivi l’extension de ses activités portuaires et de concessions à l’international, tandis que TGCC a consolidé sa présence régionale à travers des projets d’envergure en Afrique et au Moyen-Orient. Cette combinaison entre désinflation, investissement et expansion géographique s’est traduite par une progression tangible des bénéfices des sociétés cotées.

2026 : une continuité macroéconomique favorable

À l’horizon 2026, les principaux paramètres macroéconomiques suggèrent une poursuite de cette dynamique, sans rupture majeure. Dans son dernier communiqué trimestriel, Bank Al‑Maghrib souligne que les perspectives économiques nationales demeurent globalement positives. Les projections font état d’une croissance économique soutenue par les activités non agricoles, tandis que l’inflation resterait contenue à des niveaux bas, autour de 1,3%, après la phase de normalisation observée depuis 2023. La croissance du PIB marocain serait ainsi proche de 4,5% en 2026, portée par l’investissement et la demande intérieure.

Cette trajectoire macro se reflète directement dans les carnets de commandes des entreprises, en particulier dans les secteurs liés aux infrastructures, au BTP, à l’ingénierie et aux services associés. Le programme d’investissement public, inscrit dans une logique pluriannuelle, continue de soutenir les projets de transport, d’énergie, d’eau et d’équipements sociaux. À cela s’ajoutent des projets structurants de grande ampleur, contribuant à renforcer la visibilité opérationnelle des sociétés cotées et à lisser leur activité sur plusieurs exercices.

Bénéfices, valorisation et arbitrages sectoriels

Une part significative de la hausse du marché actions observée depuis 2023 s’explique également par la progression des résultats. La masse bénéficiaire des sociétés cotées est passée de 28,7 Mds MAD en 2022 à 33,3 Mds MAD en 2023, puis 36,8 Mds MAD en 2024. Pour 2025, elle devrait atteindre environ 48,5 Mds MAD, soutenue par l’amélioration des marges opérationnelles, la détente des coûts des intrants, la baisse relative de la parité USD/MAD et la montée en puissance des carnets de commandes. En prolongeant cette dynamique, une croissance bénéficiaire comprise entre 13% et 18% est envisageable sur 2026 et 2027, sous réserve d’un environnement macroéconomique stable.

Sur le plan de la valorisation, le PER du marché est revenu autour de 19x compte tenu des perspectives 2026, un niveau globalement cohérent avec le contexte actuel des taux et la visibilité bénéficiaire. Néanmoins, cette moyenne masque des disparités persistantes entre les valeurs dites de croissance et les profils plus « value », certains segments continuant d’afficher des multiples sensiblement plus élevés que d’autres. Dans ce contexte, la poursuite du cycle haussier semble davantage reposer sur la sélectivité et la capacité des entreprises à convertir la dynamique macro et d’investissement en croissance bénéficiaire durable.

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